C’était en 98, j’ai bossé pour une boite évenementielle qui me plaçait sur des points de vente pour vendre différents produits pour me faire un peu de thunes. J’ai fait deux jours dans un centre commercial près de chez moi à refiler des prospectus de coupons de reducs sur certains produits (que je devais aller identifier avec des petites affichettes dans les rayons et après les deux jours, comptabiliser les ventes, certains produits avaient été presque dévalisés). Je devais porter un t-shirt rouge fourni, avoir un jeans bleu (acheté un Levi’s tout neuf pour l’occase) et avoir des pompes blanches, rien que ça; heureusement j’avais mes Cortez blanches. 
Je devais écouler tout un stock en bossant un certain nombre d’heures. Si ça s’est avéré payant pour certains produits, bon nombre de ces prospectus se retrouvaient dans le fond des caddies ou jetés sur la voie publique, ce qui amène un grosse frustration. Il me semble que j’étais censé les remettre en circulation. Bref, à la fin du deuxième jour, il me restait un paquet que j’ai cramé dans le jardin. Qu’est-ce que ça crame mal ces saloperies! Tout ça pour dire que jetés sur la voie publique, ces déchets doivent mettre un siècle à se désintégrer. 
Bref, ça c’était l’intro car avec la même boîte, j’ai remis le couvert quelques mois plus tard (après les vacances à Royan, la Coupe de Monde et avoir poussé des caddies à Charles-de-Gaulle) mais cette fois-ci pour vendre des portables pour Bouygues Telecom. J’ai fait un centre commercial à côté des Mureaux (pas une vente) puis après c’était plus sympa vu que je me suis retrouvé dans différentes FNAC en région parisienne. Et là c’était la totale, vendre les portables, les forfaits, ouvrir les lignes et faire un reporting tous les soirs. 20 Francs de comm par vente. Ze misère. 
Mais tout ça pour dire qu’à l’époque, j’avais un Motorola ENORME sur lequel mon père a fini par passer avec la voiture par inadvertance
(avant de passer au Sony Z1, cet amour de portable), où Orange s’appelait Itineris et les écrans n’étaient pas en couleur. Y’avait des forfaits à la con, les mobiles ressemblaient à rien et on parlait du WAP pour faire genre je surfe sur internet! On regardait surtout si le mobile était bi-bande, le top étant quand même le tri-bande (crise de rire avec un groupement de mecs en parlant mobiles car un des gars faisait genre je m’y connais en balançant une énormité : ah ouais, ce téléphone fait big-bang. Fou rire qui commence et un des mecs me regarde, complice, en disant ouais ça doit faire mal. Mort de rire). 
C’était il y a dix ans putain et maintenant quand on parle mobile, ça devient un exposé sur toutes les dernières technologies que l’on peut trouver dans un mobile: quadribande, GPS, GPRS, HSDPA, 3G, Wi-Fi, appareil photo 5M pixels (lol à l’époque je vendais un vieux Nokia ET un appareil photo -argentique bien sûr- pour 1 franc de plus, véridique
), Jeux, TV, NFC et tutti quanti. Bref, c’est une autre dimension, une autre galaxie et je me remémore avec délectation cette époque où vendre un portable, c’était finalement vendre un accessoire au forfait. Maintenant, c’est l’inverse. On choisit d’abord son portable et son forfait en fonction des possibilités du portable.

Penser à l’époque que l’on aurait tout ça un jour, c’était Star Wars. C’était comme… je sais pas moi… savoir qu’un jour les films sur un Video Disc tiendraient sur un CD ou que… la bulle des Air Max feraient tout le tour de la pompe, que les télés ne ressembleraient plus à des coffre-forts ou qu’un jour on serait connecté en permanence sur internet et que l’on aurait pas besoin de choisir entre téléphoner et "surfer" (enfin faire du ski sur des cailloux) sur internet. Maintenant on téléphone SUR internet. Bref, je me dis qui si je devais vendre des portables aujourd’hui, il faudrait que je sois un vrai technico-commercial!
C‘est quand je regarde ce qu’il me faut comme prochain portable que je me rends compte qu’il faut prendre en compte les évolutions à venir. Tout va tellement vite qu’il ne suffit d’anticiper que de quelques mois l’implémentation de nouvelles technologies dans les portables. La NFC (qui laisse entrevoir parmi les applications les plus excitantes - ex le micro-paiement) devrait pouvoir voir le jour dans bon nombre de terminaux d’ici l’année prochaine (je crois même que certaines cartes SIM offrent cette fonctionnalité NFC) ou encore le softcore qui tirera un maximum partie des débits offerts pas le Wimax. La plastique, c’est fantastique, le silicium, du top premium et c’est partie pour le Mobile Big-Bang! La nouvelle tendance? Revenir à des mobiles antiques dans cette course effrénée aux dernières technologies. C’est le moment de remettre mon Sony Z5 en circulation, bien trop en avance sur son temps à l’époque. Toujours indémodable.