Bon ça y est, le web 3 est fini. La grand-messe organisée par Loïc et Géraldine Le Meur. On le sent à l’aise le Loïc, en famille, entre potes et je comprends pas toujours ses private jokes, surtout lorsqu’il ne finit pas ses phrases. Mais le parterre de personnalités qu’il connait et leur qualité efface ces petites imperfections. Il connait les pointures! Mais je ne fais pas partie de ce monde-là, de toute évidence. J’y vais pour le boulot mais aussi parce que ça m’intéresse de comprendre toute cette effervescence autour du web et des blogs mais il y a comme une espèce de décalage. Par exemple, ce sont tous les gens qui utilisent leurs portables pendant les conférences. C’est une vision assez surréaliste pour les non-habitués et qui n’a l’air de choquer personne. Ils arrivent à écouter en même temps que surfer sur le web ou bosser sur des powerpoint? Etonnant. 

Si je devais définir le dit web3 en 3 mots après ces 2 journées, cela serait:
- Convergence
- Communautés & réseau social
- Advertising (pour rimer avec monetizing)
Voilà les clés de voute d’un système apparement bien huilé, vu que les prétendants à la réussite en veste de velours et jeans, qui sont aussi nombreux que variés, calquent quasiment tous leur business-model sur ces trois fondements.
Bref, il faut admettre que c’est bien organisé (la bouffe et le pif sont bien mais un buffet serait peut-être mieux, c’était le bordel!) mais ce genre de rassemblement reste toujours quelque peu conventionnel (pour en avoir fait d’autres) et si on ne fait pas partie du milieu (et on peut vite le ressentir), autant dire que si l’on n’a pas préparé un minimun sa visite, on se sent vite hors contexte. Mais on en apprend toujours et c’est une opportunité de flairer les tendances du secteur, identifier les acteurs, glâner des infos, observer et de revenir avec des anecdotes comme le fait que les discussions ayant mené à la revente de laFraise à Spreadshirt se sont déroulées lors de cette conférence, dont j’ai loupé le fondateur, qui bosse déjà sur un autre projet.

J’avoue être un peu là en dissident (rôle dans lequel je me complais quelque peu) et les tendances auxquelles je n’adhère pas (encore?) sont confirmées : ils utilisent en grande majorité Twitter (dont le fondateur a appliqué avec succès la philosophie du Less is More), ce satané Fessebook dont le nom revient en boucle comme un mantra, jouent à World of Warcraft et possèdent ou comptent posséder des iPhones. Certains se révoltent face à la multiplicité de ces plateformes d’identification et de socialisation et demandent des solutions, OpenID en étant une (en Corée du Sud, c’est carrément le gouvernement qui a instauré cette solution pour lutter contre les délits de bullshitage en ligne, aux résultats mitigés). Ce qui est sûr, par comparaison, MySpace est mort. 
Dans cette vaste cour, je sélectionne au préable les personnes que je veux voir et que je suis depuis un moment (Goojet par exemple qui a d’ailleurs été récompensé par le jury au concours des startups) ainsi que les présentations (et c’est pas toujours évident car les intitulés sont parfois trompeurs). Et puis pour d’autres, je fonctionne un peu au coup de coeur, comme les fondateurs de Studio Melipone qui nous ont gratifié d’un petit show bien vivant et qui ont une vraie éthique de leur business ou alors un service simple mais fort sympathique (et au gros potentiel à mon sens) de Nomao. Discuter de Musinaut et de leur format révolutionnaire MXP4 avec un serial entrepreneur comme Gilles Babinet sont aussi des moments pour lesquels ça vaut le coup de venir à ce genre d’évènement. Il y en a d’ailleurs plein d’autres (32 au total), pas toutes françaises et pas toutes abordées. On peut pas être partout. 

Il y a toujours ces révélations qui vous font réaliser que "la Bay" est le centre névralgique des start-ups et des success-stories à l’américaine, un centre de rencontres mais dont la suprématie n’est pas partagée par tous, à l’instar de Martin Varsavsky, fondateur -entre autre- de Fon. Le futur de la Silicon Valley serait-il en Europe?
Les séquences de conversation de divan avec Loïc Le Meur sont des vrais instants de plaisir contrairement aux présentations classiques, comme avec le fondateur -encore entre autre- de Skype, Janus Friis. Parmi ces moments particulièrement savoureux, le dialogue entre Kevin Rose de Digg et Sarah Lucy de Business Week. Ce mec, avec sa tête de jeunot se pointe sappé comme tous les jours, avec des baskets ressemblant à des charentaises et offre sa propre vision du business, mesurée et revenant toujours au côté fun de l’expérimentation des débuts, dénonçant ce qui apparait être la bulle des levées de fonds dans la Silicon Valley et privilégiant une croissance organique naturelle. Simple, pragmatique et stoïque. Point important: pas besoin d’être un geek pour réussir, relatant au passage la difficulté qu’il a eu pour mettre en place son équipe technique, monopolisée par des monstres tels que Google. Je note, je note… 
Chose retenue lors des récompenses des startups : leurs solutions apportaient-elles une solution à des problèmes courants, pouvant potentiellement atteindre les masses? Cela semble être ce qui intéresserait tout particulièrement les investisseurs pour qualifier le potentiel de réussite d’un business-model. Créer un besoin relève plus de vendre avant tout du rêve et est plus risqué. A bon entendeur… D’ailleurs, à l’évidence concernant la fameuse convergence entre web et mobilité, les détracteurs vont créer un besoin pour la grande majorité des gens et ne répondront pas à une demande de masse. A part une minorité, Mr-tout-le-monde ne twittera pas depuis son mobile et n’updatera pas son blog dans le train, la vision à terme semblant être la capture live d’évènement vécus pouvant être mis en ligne quasiment instantanément au risque peut-être de ne plus savoir profiter naturellement de chaque instant au nom du partage… La vie ne se résumerait plus qu’à un immense Youtube? Qu’en est-t-il du Internet of Things des objets communiquants?
Et puis enfin, tout ne va pas si mal en France, loin de là. L’innovation et le potentiel de croissance sont là, les investisseurs aussi, même si la phase de démarrage relève du parcours du combattant et que l’administration doit encore s’améliorer sur certains points. Mais les success stories françaises existent. Tant mieux. J’y retournerai. 



). On galère à se remettre un peu dans le B.A-BA du codage HTML (putain qu’est-ce-que c’est sommaire MySpace!), pas de WYSIWYG, mais on arrive enfin à le faire ressembler à quelque chose après quelques astuces trouvées sur le net.
