Let me touch the sky

10:41 pm Nature, Orages, Tranches de vie No Comments

Prendre l’avion, ça reste un moment privilégié malgré l’éclosion d’une ribambelle de compagnies low-cost ces dernières années, démocratisant ce mode de transport. Contrairement à ma chérie qui n’a jamais pris l’avion, je l’ai pris assez jeune pour aller voir la famille de l’autre côté de l’Atlantique.   Depuis tout jeune, j’ai toujours adoré les décollages, ce moment précis où l’avion arrive en bout de piste, s’immobilisant quelques secondes pour enfin vous coller au siège, les réacteurs ébrouant la carlingue dans un mugissement jouissif. Je m’enfonce doucement dans le siège, attendant avec délectation le moment précis où je sens que l’on quitte le sol, une sensation parfaite de lévitation. Un léger enfoncement dans l’air avant qu’il porte cet oiseau de fer vers les hauteurs. Cette adoration pour ce moment d’intensité ne m’a jamais quitté. A contrario, l’atterissage m’a toujours inquiété. Ca ne m’a jamais rassuré et ça ne me rassurera jamais. Jamais parfait, ce moment me donne toujours l’impression que l’avion ne se pose pas comme une plume et peut à tout instant quitter sa trajectoire.

Mais le pire, ça reste dans le ciel. Les longs courrier, c’est assez particulier, car on finit par ne plus se rendre compte qu’on est dans un environnement hostile à -50°c à des dizaines de kilomètres du sol. Par contre, quand je prends des avions plus petits, pour des trajets plus courts, les appréhensions prennent une dimension toute autre. Bizarrement, moi qui aie le vertige, je me pose bien volontiers à côté du hublot pour mieux apprécier le spectacle offert par ces moments privilégiés que de se retrouver dans les cieux. J’adore ces moments où l’on quitte la terre, traverse les couches nuageuses pour enfin les laisser tapisser le paysage, le soleil brillant de mille feux, sur un ciel éternellement bleu. Un spectacle magique, réellement grandiose, qui me laisse toujours en émoi et que je ne cesse de contempler comme un gosse. Ca c’est pour la partie positive.

Par contre, il y a des choses qui me laissent toujours un sensation assez désagréable et que j’essaie de contenir tant bien que mal, ce sont les turbulences, qui peuvent littéralement malmener l’appareil. Et là, cette sensation d’être à la merci des éléments me donne des sueurs froides, parfois à deux doigts de la peur panique. Ce sentiment de ne rien maîtriser est assez terrorisant, surtout lorsque je pense que l’on est dans le ciel. Le terre ferme me manque. C’est là que je me dis que malgré un siècle d’innovation aérospatiale qui n’a de cesse de me fasciner (comment diable des réacteurs aussi énormes peuvent tenir sur les ailes???), voler restera pour moi une faculté qui n’est pas naturelle pour l’homme. Ce que je déteste par-dessus tout, ce sont les trous d’air, surtout lorsque ceux-ci sont combinés à des vents forts latéraux qui font trembler l’appareil.

Deux récentes expériences ont été assez éprouvantes, surtout lorsque je m’y attends plus ou moins.

La première, c’était cet été au moment de traverser un cumulonimbus en formation. Connaissant les forces éoliennes qui se meuvent dans ces monstres, d’abord fasciné et content de voir ce beau bébé sur notre trajet, j’en menais beaucoup moins large une fois que l’on a été pris dans les forts courants ascendants et descendants. Putain mes amis, je crois que personne n’était trop rassuré quand l’avion s’est mis à faire les montagnes russes, le trous d’air vous donnant presque des hauts le coeur avec toute la carlingue qui tremble, les réacteurs qui se mettent à mugir, les hôtesses qui retournent s’asseoir et le "ding" annonçant que si tu es coincé aux chiottes sans ta ceinture, tu risques de passer du temps à t’essuyer. Autant un trou d’air, ça arrive, ça passe, mais alors quand ils s’enchaînent et que les nuages dehors sont bien noirs, là j’ai commencé à bien faire dans mon benard, chaque baisse soudaine d’altitude me remplissant le corps de fourmillements de trouille. 

Là, j’espèrais juste que les pilotes soient plus que bons, que l’avion était pas fait en balsa et surtout, surtout, que ça allait durer le moins de temps possible. Enfin bon, j’ai plus maitrisé mon malaise que la pauvre nana à quelques rangées de moi pour qui c’était son baptême de l’air. La pauvre, elle était en larmes. Je compatissais grave. Le plus dur, c’est que plus la chute est longue, plus je pense qu’en dessous de mes pieds c’est le vide, le froid, le chaos et loin tout en bas, la mer et ses abysses. Faut que je me rende à l’évidence. On est entre deux éléments hostiles à l’homme, dans des éléments déchaînés. Bref, dans une situation pas naturelle du tout, pour nous bipèdes terrestres. C’est là qu’il faut puiser au plus profond de moi les forces du sang-froid. Ne pas laisser l’imagination prendre le dessus, sinon c’est la panique. Ne surtout pas paniquer. Ne surtout pas paniquer. Soulagement enfin quand le ciel s’éclaircit. On est passé au travers sans un bobo. J’ai même pas une trace de pneu. Vous voulez quelque chose monsieur? Double Bacardi Coke please.

Le deuxième cas, pas plus tard qu’avant-hier. A l’aller, quelques turbulences qualifiées de mineures avec un temps éxécrable juste avant d’atterir. J’étais juste à côté du train d’atterissage, ce qui était une expérience assez inhabituelle car je les voyais en action. J’étais donc captivé par le moment où celui-ci allait toucher la piste, donc j’avais une échappatoire psychologique. Mais c’est au retour que ça allait pas être de la tarte. SMS de ma femme m’annonçant qu’on est en vigilance orange pour les vents. Putain, je me dis que je vais rester coincé là pour la nuit, le vol étant retardé. On n’a pas trop d’infos, l’avion est là, les gens sont sortis et le camion de pompiers se pointe à côté de l’avion. Le ballet des nanas de l’aéroport entre la salle d’attente et l’appareil ne me rassure pas plus. Finalement, une mémé arrive sur un fauteuil roulant, visiblement assez choquée. OK, c’est une mémé, rien à voir avec le zef, ça se trouve, c’est sa première fois, je me rassure comme je peux. On finit par embarquer. Le temps est calme. Une fois installé, le pilote annonce les modalités d’usage mais promet une arrivée sur CDG mouvementée. A ce moment précis, je me dis que je vais passer un sale quart-d’heure. Tout le trajet se fera dans l’attente de ce moment fatidique, dans l’angoisse d’affronter une fois de plus mes propres phobies, dans l’obligation de me préparer à combattre mes démons. Je n’y couperai pas. 

Je ferme les yeux sans arriver à dormir. Je sens quelques secousses de temps en temps. Perdu dans le noir de mes paupières, mon esprit divague, tous mes sens en éveil. Le tout est de ne pas regarder l’intérieur de l’appareil. Il me faut un repère extérieur, ou aucun. Tout se passe jusqu’au moment où le pilote annonce l’atterissage dans 10 minutes. Le compte à rebours psychologique à commencé. Les minutes me paraissent interminables. Je ne peux plus fermer les yeux. Je regarde dehors, toute vision de l’intérieur exacèrbant chaque soubresaut. On est dans une couche nuageuse épaisse. Les flashs des lumières extérieures sont très proches, renforcés par la densité des nuages. Quelques secousses ébranlent l’appareil. Mugissement des réacteurs. On passe les nuages et je distingue enfin les lumières de l’Ile de France. Putain on est encore haut. Les trains d’atterissage sortent. Et c’est là que ça se gâte.

Le vent qui a soit-disant faiblit souffle à 60km/h avec des pics à 90. Plus on se rapproche du sol, plus je sens que le vent joue avec l’appareil. Pas de trous d’air mais on prend des directions foutraques, ça tremble de partout. Je prie pour que les ailes soient costaud, que le train d’atterissage que je fixe avec effroi ne cède pas comme une brindille et que ça va passer vite. Plus on descend, plus on part en couilles. La pression est maximale. Chapeau le pilote pour maîtriser une plume dans les bourrasques. Le nez monte, part de travers, on penche à droite, le tout dans des tremblements parkinsoniens frénétiques et des mugissements de moteur. Qu’une envie ultra-pressante, le moment où les roues vont toucher le sol mais c’est mal barré. Je sens que je vais avoir envie d’applaudir tout seul comme un hystérique. Le sol n’est plus très loin et je sens que l’avion est pas très parallèle à la piste. OH PUTAIN. Je vois le train se rapprocher du bitume, on est toujours brinquebalé comme des malpropres, toujours pas droit. La roue finit par toucher le sol, sa soeur une fraction de seconde après, et j’attends interminablement que le train avant nous remette d’aplomb. Ca  y est, on se remet droit et les moteurs rugissent pour amorcer le freinage. JE SUIS VIVANT! Je rigole nerveusement en me disant que c’est quand même un truc de grand malade. Enfin sur terre.

Je rigole aussi en pensant à certains commentaires de la vidéo qui va suivre. Le rire est très salvateur pour exorciser une phobie et dédramatiser une situation critique. Mêmes conditions météo, mais dieu merci, ça n’était pas à ce point. Ca vous donne quand même une idée de la façon dont un avion peut être baladé par le zef. Si j’avais été dans ce vol, ma parole, je crois que j’aurai fait une bonne grosse crise cardiaque.

Calme blanc

12:13 am Nature, Tranches de vie No Comments

We’ll meet again

2:54 am Nature, Tranches de vie Comments Off

Après près de deux mois d’incubation suite à un sauvetage in extremis d’une extermination en règle menée par les Ramirezi qui se faisaient un festin des oeufs fraîchement pondus par nos Corrydoras albinos (que nous avons renommés affectueusement loukoums du fait de leur côté grassouillet), voilà que les enfants ont enfin rejoint les parents dans notre grand aqua. Nous avons vu naître ces petites bêtes (les alevins tomber des oeufs oui oui!), qui se sont retrouvées dans les grands jours à 19 à gigoter dans le petit aqua que nous avions mis en place comme nursery. Seuls 4 auront finalement réussi à grandir et les voilà aujourd’hui là où ils auraient dû se développer si la nature n’avait pas été aussi cruelle. Ce fut un superbe moment, surtout lorsque le plus petit des 4 est allé jusqu’à se réfugier sous les papillons d’un des plus gros, comme si l’instinct enfant/parent s’était joué de la séparation spatiale et temporelle. Encore une belle leçon de vie.

Giboulées de Mars

7:36 pm Nature, Tranches de vie Comments Off

Autant je déteste le début d’année, autant j’adore le mois de Mars. Il est annonciateur de printemps et on sent que la fin de l’hiver approche avec ses fameuses giboulées. La période est propice aux ciels tumultueux, voyant se succéder radieuses périodes d’éclaircies et sombres cumulonimbus déversant un mélange de pluie, de grésil et de neige. Cette période est particulière car ces phénomènes météo sont la conjonction de véritables clashs thermiques entre le sol, les couches atmosphériques moyennes et hautes, favorisant de belles formations nuageuses. Pas de quoi donner des orages estivaux mais donnant des spectacles visuels bien sympathiques avec des cumulonimbus bien mûrs. Ces ciels chaotiques m’enchantent et j’espère que 2008 sera une année riche point de vue orages. Le bilan de foudroiement 2007 par Météorage laisse apparaître des résultats mitigés et inégaux suivant les régions (l’Ile-de-France ayant été très peu touchée) mais est globalement déficitaire comparé aux années précédentes. C’est aussi la période où l’on voit apparaître les premiers bourgeons et les fleurs dans les cerisiers. Le printemps approche et j’ai hâte d’y être.

Nan mais sérieux…

5:31 pm Nature Comments Off

SPA POSSIBLE CA!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Temps de merde

C’est vendredi

9:06 pm Architecture, Ecolo, Nature Comments Off

Alors jouons à Robinson Crusoé (bon sauf s’il l’on considère qu’ils aient pu avoir des relations, ça ne plaira pas à tout le monde… no.gif) mais c’est surtout pour profiter de cette mode de location hors du commun : une cabane cosy dans les arbres. On peut en louer notamment en Bretagne, et c’est déjà complet pour l’été! Mais certaines entreprises sont spécialisées dans la conception de celles-ci, sur mesure. La seule condition, et non des moindres, c’est d’avoir un arbre suffisament costaud. Logique. Mais lorsque l’on voit le résultat, ben ça laisse rêveur. Et nos instincts de grand nenfant reprennent le dessus. Je me vois bien avec un home-studio perché dans un arbre.

 www.la-cabane-perchee.com

Terre et mer

8:52 pm Nature, Tranches de vie Comments Off

Ce magnifique temps pour le week-end de Pâques nous a donné envie de changer d’air, voir la mer, repsirer un air moins vicié et se dégourdir les guiboles (et on a souffert!). Direction un site exceptionnel (et nous ne sommes pas les seuls à l’apprécier hélas) : Etretat. L’occasion de redécouvrir la beauté intrigante de ce site aux confins des éléments solides et liquides, qui se rencontrent et s’affrontent depuis des milénaires, dont certains vestiges témoignent d’un combat inégal aux issues parfois surprenantes, où les falaises, malgré leur imposante arrogance face à la mer se font grignoter toujours un peu plus. Une balade sur les bords friables, au ras du précipice, nous rappelle combien la vie ne peut tenir qu’à un fil si nous surestimons notre goût du frisson et notre capacité à dompter notre vertige. Je sais que pour moi, c’est un jeu bien trop dangereux.

Aiguille d'Etretat

La terre, frontière entre le ciel et la mer.

Couple sur falaise à Etretat

Nous sommes peu de chose… (voyez le couple en haut de la falaise)

Falaises nord à Etretat

Festival de couleurs.