Dans le même esprit barré que 10MPH et dans l’autre sens cette fois, un concept qui me fait toujours autant envie et qui surtout a un rendu assez incroyable. On devine la difficulté d’avoir ce genre de résultat mais pour vous le confirmer le making-of est juste après (non le making-of n’est pas là pour désacraliser l’oeuvre mais bien pour lui rendre encore plus justice). 
4 August, 2010 8:20 am Cinema, Trésors du ouaibe Comments Off
Si vieillesse pouvait… J’aime beaucoup cet adage car il n’est que trop vrai. Il transporte le parfum d’une certaine nostalgie inéluctable. Avec l’arrivée prochaine de notre progéniture, qui sera un cap unique dans notre vie de couple mais aussi dans ma vie perso, je ne peux m’empêcher de faire un rapide bilan. Ok, certains doivent certainement croire que faire un bilan à 32 ans, ça ne rime pas à grand-chose et pourtant si. Le bilan, sans vraiment en être un en fait, est une forme de constat, teinté d’amertume. Cette amertume n’est pas mauvaise car ce qu’elle reflète est lié à la nature intrinsèque de la vie : si seulement on avait su plus tôt les choses que l’on sait maintenant, on aurait certainement pu profiter de son temps autrement. Et je n’échappe pas à la règle.
Car c’est bien là que le bât blesse. Quand je vois la foultitude de projets qui mûrissent en moi en ce moment, le temps que nous allons accorder à notre enfant, le boulot, la famille, les courses, les tâches quotidiennes diverses et variées, je me dis que le temps va être de plus en plus une denrée rare, vouée à s’étriquer, se comprimer de plus en plus. Et c’est au moment de la retraite, que le temps sera à nouveau disponible, mais peut-être plus l’envie et surtout la santé. C’est l’ironie de l’existence. En gros, il me reste 20 ans pour faire le planning de ma vie et de faire coïncider les couleurs du Rubik’s Cube.
Le pire dans la vie, c’est d’évoluer avec des regrets, ceux qui sont liés aux choses que l’on aurait pu faire mais que l’on n’a pas faites alors que l’on en avait conscience. Je ne peux pas dire en regardant en arrière, que je regrette ce que j’ai vécu, ça non. Elles font partie de moi et font, en quelque sorte, ce que je suis. Par contre, je ne peux m’empêcher de penser que j’aurai pu gagner du temps et que ça aurait pu se faire si j’avais eu l’ouverture d’esprit, la technologie de maintenant (pourtant internet est venu bien plus tard), le fric, la motivation. J’en ai perdu du temps en glandouille, en fumette, en boisson, en soirées, en longues heures de méditation, de divagations, de séances de jeux vidéos, de petits boulots ingrats, en usant les bancs de la fac, en ayant des idées farfelues inabouties… Certaines années de désœuvrement (délicieux bien que culpabilisant) sont autant de temps-libre que j’aurai aimé utiliser à meilleur escient, pire que j’aurai aimé avoir maintenant pour mener à bien mes projets! Ca n’existe pas dans la vie le report de temps libre?
On aurait toujours pu faire les choses autrement. J’aimerai juste me dire qu’il n’est pas trop tard et que l’heure du renoncement n’est pas pour demain.
Ps: hier on s’est fait une petite séance ciné spontanée à la maison. Une Histoire Vraie de David Lynch. Loin de ses habituelles atmosphères pesantes et histoires à dormir debout, Lynch nous livre un petit joyau de simplicité, bouleversant, si on se laisse porter par le rythme lent assez déstabilisant pour notre cerveau habitué aux block-busters et séries-clips-vidéos. Un road-movie à la dimension humaine pure. A découvrir d’urgence! Nous avons enchaîné (de manière assez fortuite mais la boucle était bouclée) avec L’Odyssée de la Vie, un film de Nils Tavernier, que j’invite tout le monde à voir! On se rend compte à quel point la Nature est incroyable. Superbe documentaire aux images de synthèse carrément époustouflantes.
Nous avons tous au moins une quête dans la vie. Sans pousser jusqu’à celles qui sont métaphysiquement communes à pas mal d’entre nous (ex. le Bonheur), il y en a qui sont purement matérielles et souvent liées à un souvenir. J’en ai quelques unes et si certaines peuvent être réglées par la bienveillance des marques (oui tout est cyclique), d’autres sont vouées à être des choses qui sont tombées à jamais dans l’oubli car trop méconnues et n’ayant obtenu que trop peu de reconnaissance commerciale. Ces oeuvres obtiennent de fait le statut d’objet rare, voire rarissime. Et récemment, le miracle eBay m’en a fait dénicher un exemplaire en parfait état
:

Peut-être l’unique film fantastique français digne de ce nom, énigmatique au possible. Peut-être le rôle de sa vie pour Philippe Volter également. Un bon vieux flash-back dans l’ambiance du début des années 90. Ca n’est même pas dit qu’il ressorte un jour en Blu-Ray…
Dis-moi qui mérite de mourir en ce monde? Telle pourrait être la baseline de tous les films qui jouent sur la terreur qu’un regard seul peut provoquer. Dans le prolongement de mon post d’hier, on peut montrer toutes les horreurs visuelles qu’on veut, la plus indicible et la plus intense des terreurs est celle, dans mon ressenti, qui est provoquée par un regard maléfique ou fou. Car il ne fait que refléter tout ce qu’il peut y avoir de malsain et malin à l’autre extrémité du nerf optique. Et on peut y adjoindre des effets pour l’exacerber, ce qui rend l’expérience encore plus dérangeante. On peut me montrer tous les monstres qu’on veut, ils ne sont rien comparés au regard extraordinaire de petits blondinets polis (d’ailleurs, un monstre au regard perdu en perd toute sa crédibilité anxiogène).
Un des films qui m’aura le plus marqué dans ma vie est Le Village des Damnés de Wolf Rilla. J’ai dû tomber sur ce métrage alors que je n’avais peut-être même pas 10 ans. Je n’ai pas revu ce film jusqu’au remake de Carpenter en 1995, qui colorisé et remis au goût du jour avec les trucages modernes, avait quelque peu tronqué et estompé cette vraie terreur d’enfant que je me souvenais avoir éprouvé en visionnant l’original. A cette époque, j’avais à la fois cette fascination et véritable inquiétude croissante juste avant les scènes que je savais allaient montrer les pouvoirs télépathes en action de ces petits blondinets, aux visages aussi inquiétants que leurs pouvoirs extraordinaires. Car le casting exceptionnel participe à la force visuelle et émotionnelle qui se dégage de ces séquences et qui m’auront marquées pendant des décennies, me laissant un souvenir impérissable d’avoir vécu une authentique expérience de peur brute. Ce film met mal à l’aise.
Alors, 20 ans plus tard, au moment où je décide de compléter ma filmo de John Carpenter, je me suis replongé dans ce petit bijou de notre bon vieux John et de sa photo inimitable. C’est vrai que c’est flippant, mais on tombe vite dans la surenchère d’effets qui, j’avoue, ne parvient qu’à n’être plus démonstratif que réellement terrifiant. Pourtant les ingrédients sont là. Alors je me suis jeté avec émoi sur la version originale et c’est avec une délectation masochiste d’exorcisme de mes vieux démons teintée de nostalgie que je me suis revu le film de Wolf Rilla. Ah! Il n’a rien perdu de sa force visuelle même si les arrêts photos sur les visages (à quelques exceptions près) ont un peu mal vieillis et sont clairement discernables, l’ambiance est toujours aussi pesante, avec cette bande-son incroyable. Le noir et blanc est juste magnifique et ce film n’a rien perdu de sa superbe. C’est bon la peur quand c’est aussi bien fait. Wolf Rilla distille ces petits frissons à dose homéopathique, ce qui accroît l’intensité de ces jubilatoires moments de plongée dans les tréfonds de l’entrebaillement de la porte de placard la nuit. Honnêtement, je n’ai jamais ressenti ça au cinéma depuis, même si le recul de mon expérience cinématographique critique et blasée peine à les faire ressurgir intacts. Une oeuvre qui reste néanmoins au summum du culte.

La première manifestation dans le film de Carpenter.

Et celle dans le film de Rilla

Télépathie groupée, frisson décuplé, toujours dans le remake de Carpenter

Jolis bambins au regard flamboyant. Cette séquence m’aura marqué à vie (la gamine a un visage VRAIMENT flippant)

Séquence ultime!
L’autre soir, en famille, on abordait la question de l’éducation. Ma soeur étant enceinte de 9 mois, le sujet partait sur les points de vue concernant l’éducation des filles et notamment ce que l’on pouvait constater des gamines de 12 qui voulaient maintenant s’apprêter comme les grandes (maquillage et tout le reste). Si je n’avais pas d’avis très arrêté sur la question, mon point portait surtout sur ce que l’on connait de l’évolution de nos enfants dans notre société et comment on devait 1) s’adapter ou 2) sévir. On peut vite être taxé de has been et complètement en marge des changements de mentalité, ce qui laisserait déjà présager de beaux clashs générationnels. J’en suis venu à me demander, mais qui on est pour juger de ce qui devrait être bon ou mauvais à 12ans? Mais si ça n’est pas nous, adultes, à qui revient cette tâche???
La question s’est révélée d’autant plus persistante en regardant l’autre soir le sans équivoque et explicite A history of violence de David Cronenberg, qui était annoncé avec une interdiction aux moins de 12 ans. Et là, au cours du film, je me suis dit mais que fout le CSA? Perso, en tant qu’adulte qui connait les penchants charnels de sieur Cronenberg et si j’avais eu une place responsable au sein du CSA, j’aurai interdit ça aux moins de 16 ans, recta. La réflexion sur ce que l’on peut montrer maintenant en toute impunité aux enfants a resurgi puissance 4 et je me suis vraiment questionné sur les critères qui ont permis au CSA de se dire qu’il y avait du montrable à heure de grande audience. Petit florilège: double meurtre, infanticide suggéré, fétichisme, cunni et 69 latéral, tronche littéralement éclatée, violence verbale et physique, énucléation contée, meurtre à coup de paume dans le nez, sexe violent dans un escalier (dont le consentement est difficilement discernable pour les esprits n’étant pas coutumiers des complexités des rapports adultes) et on finit avec des balles dans la tête, un meurtre gratuit et j’en passe. Bref, ce n’est pas un film qui conte florette façon guimauve bien sucrée: Cronenberg nous montre ce que ça fait de se faire péter la gueule ou le nez. C’est tout juste s’il nous montre pas une pipe (ah mais non ça, surtout pas! c’est moins de 18 ans direct - une face éclatée, non ça va c’est normal, vous pouvez le regarder en famille).
Je l’ai déjà constaté par ailleurs: je ne peux décidément pas faire confiance aveuglément aux recommendations du CSA, à moins que je sois déjà old-school dans ma tête. Mais honnêtement, je ne peux pas concevoir que la violence à l’écran se soit en ce point banalisée pour daigner montrer ça à des gamins de 12ans. On pourrait (à juste titre???) me dire que j’infantilise arbitrairement les gosses de cet âge, limite que j’insulte leur intelligence mais ça me met mal à l’aise. Maintenant faudrait-il que je m’étonne avec toutes les séries qu’on se tape avec viols en pagaille, meurtres, scènes de crime plein d’hémoglobine, macchabées en piteux état et autres histoires joyeusement sordides? A croire que nous sommes conditionnés par une certaine violence standardisée et que finalement, il n’y a que cela qui puisse nous distraire. Si tel est le constat, il faut vraiment se poser des questions, surtout lorsque l’on est responsable de son interdiction à certains publics. Il y a un truc qui méchappe de plus en plus et qui me fait limite flipper. Ah ouais, c’est du chiqué, c’est vrai… Mais l’acte de violence est quand même bien visible, même si stylisé et simulé. ![]()
Pour beaucoup de gens, les vacances sont souvent synonymes de voyages, de petites escapades, de passer du temps avec ses amis, sa famille. Mais en ce qui me concerne, il s’agit avant tout de pouvoir écouter mon corps et de le laisser se lever quand bon lui semble, respecter l’horloge biologique pour une fois car moi, je ne suis pas le mec qui dort 2h par nuit. Il s’agit d’apprécier de couper le rythme de devoir aller au boulot et m’atteler à la "to do list" qui s’allonge inéxorablement. Tous les petits trucs qui se rajoutent faute de temps et que je n’ai pas le temps de faire pendant les w-e en temps normal. Pourtant, y’avait des choses qui urgeaient, comme changer le câble d’accélération et d’embrayage sur la moto et remplacer un phare cassé sur la voiture. Pour la première, c’est fait. D’ailleurs, le câble d’embrayage n’avait que 8 mois! Certes, utilisation quasi quotidienne dans Paris mais quand même. Leçon: graisser régulièrement ses câbles et éviter de garder la main sur la poignée en position embrayage au feu rouge. Mais quand même, c’est quoi cette DAUBE EN BARRE??? 

C’est vrai que les week-ends sont souvent accaparés par les corvées tâches ménagères, les sacro-saintes courses et en cette période, la chasse aux cadeaux. C’est même souvent un besoin que de s’occuper à autre chose car pendant les vacances, je peux facilement resté enfermé sans avoir vu passer la journée, en m’abrutissant sur rien de vraiment bien intéressant sur le net. Pourtant, j’aurai glandé mais ça me laisse insatisfait, mélange contradictoire d’oisiveté culpabilisante et de droit à la paresse légitime. Alors le fait de faire quelque chose que j’avais prévu de faire depuis un moment est très gratifiant, surtout lorsque c’est manuel, ça change des tâches purement cérébrales que j’effectue toute la journée.
Pourtant, je devrais m’accorder des instants de pure paresse sans avoir à me sentir coupable. Il y a des gens qui se complaisent dans un rythme de vie éffrené et qui ont l’impression de ne plus exister s’ils n’ont plus rien à faire. Comme je les plains. Ca devient inhumain de devoir s’occuper pour se sentir vivre. J’ai souvent l’impression que notre mode de vie nous donne systématiquement de tâches en dehors du boulot, et encore, je parle même pas de gosses que j’ai pas encore! Donc je suis toujours dans le dilemme en vacances, prendre le temps de glander sans que j’aie l’impression d’avoir perdu mon temps et toujours m’occuper manuellement pour le sentiment d’avoir réellement accompli quelque chose même si ça me saoûle de prime abord, tout ça pour pouvoir mieux apprécier les moments où je glande. En cela, le bricolage est une vraie cure. Il suffit de se lancer. ![]()
Mais attention, la Glande (avec un grand G) telle que je la définis reste un énorme moment privilégié de rêve éveillé, de pause tantôt analytique et introspective tantôt contemplative, car je ne reste jamais vraiment "inactif". Ca demande de la concentration, que ce soit pour garder le fil des ses idées ou se laisser aller à l’observation, ce qui n’est pas forcément faisable lorsque notre cerveau est pollué par d’autres sources de réflexion. Quand j’étais ado, je restais très longtemps à rêver, à penser à plein de choses qui finissaient toujours par aboutir sur des idées intéressantes. D’ailleurs, quel sage homme ce Prévert:

Il faut s’accorder ses moments de divagation mentale, car la plupart du temps, nos idées profondes, les nouvelles idées sont dictées par nos activités quotidiennes. C’est bon de se perdre dans les abysses de ses connexions neuronales, il y a toujours quelque chose d’intéressant à y trouver. Laissez-vous aller, vous verrez. Le contexte idéal, c’est quand il fait bon dehors, avec la paquet de clopes et une binouze. Autrement, ça permet juste de contempler le monde qui nous entoure, de regarder la nature faire son oeuvre et de regarder ses pairs faire.
Bon à part ça, je découvre la nouvelle offre VOD de Cdiscount depuis quelques semaines : toutes les semaines, ils proposent 4 films en download gratuit, que vous avez 15 jours pour regarder. Bon, il ne s’agit jamais de grands moments de cinéma mais qui permettent de se distraire sans forcément regarder quelque chose de mauvais et de rattraper son ignorance le cas échéant. On peut voir (ou revoir) entre autre A very British Gangster (je vous le conseille en VO pour l’accent so mancunian), Scary Movie 2 ou Scream 3. J’ai testé hier soir le service avec Duelist, un film coréen qui se laisse regarder, plein de bonnes idées de mise en scène très graphiques, et l’occasion de se familiariser avec l’évolution du style des films de sabre, qui peut être vite rébarbatif pour l’oeil occidental non-averti (ma femme déteste). Un pari risqué vu l’ennui que m’avait procuré Tigre et Dragon…
Au final, c’est un beau film, très visuel, aux magnifiques décors traditionnels (faut vraiment que je plante un érable japonais dans le jardin moi!!!) et aux jolis costumes, qui mérite que l’on s’y attarde, ne serait-ce que pour l’atmosphère qui s’en dégage. Pour la gueule d’atmosphère, l’actrice principale est parfois énervante avec ses moues enfantines et ses accès de gueulantes mais ça doit être un truc culturel qui m’échappe (il faut s’habituer au jeu exagéré, limite caricatural de certains acteurs, c’est assez récurrent dans le cinéma asiatique). Elle n’en reste pas moins joliment charismatique, tout comme le personnage masculin mystérieux, tout droit sorti d’un manga et qui doit sortir 6 phrases à tout casser dans le film. Une histoire d’amour avortée, impossible entre une fliquette et un vilain bandit en repentir, un peu un Roméo & Juliette sauce coréenne, qui peut friser avec le mièvre mais si c’est le cas, c’est qu’on a oublié de ranger son esprit critique et de rentrer à fond dans le film.

Mention spéciale pour la séquence de combat dans le chemin jonché de feuilles mortes entre deux ramparts avec cet ingénieux jeu de lumière (une allégorie du ying et du yang) sur une bande son envoûtante de tango (un peu façon Gotan project). La dernière partie du film se passe en hiver, avec la fausse neige qui va bien et certaines séquences font penser au combat final opposant Lucy Liu à Uma Thurman dans le premier volet de Kill Bill. Allez, j’ai trop parlé. Filez le découvrir sur Cdiscount, dans la catégorie DVD/VOD (Internet Explorer only, pas bien
).



Enfin, petite info réjouissante, Ghostbusters 3 serait prévu pour 2009! 
ps: j’ai enfin vu le fameux Le Père Noël est une ordure pour la première fois de ma vie l’autre soir (oui oui je sais…) et franchement, ben j’ai été déçu… Mais ça m’a permis de comprendre d’où venaient certaines expressions du vocable courant. C’est ssla oui oui oui. ![]()
L’autre jour, j’ai passé un peu de temps sur ce merveilleux site qu’est Allociné, pour me rendre compte à quel point je suis largué. Largué de tous les films que je n’ai pas vus et largué d’avance des films que je ne pourrai certainement pas aller voir, faute de temps et de ne pouvoir partager mes choix avec ma chérie. Disons que nous avons des goûts assez différents. Mais il y aussi la fatidique question du tarif d’une place de ciné, que je trouve de plus en plus aberrants, ce qui pousse à choisir stratégiquement les films qui vaudront le coup de se fendre de l’obole de mort pour un moment grandiose en salle obcure (le choix se portant naturellement vers le pur entertainment).
Pourtant, j’ai toujours été un fan de Cinéma, avide de découvertes hétéroclites. Il fut une époque (lointaine et bénie) où je n’avais que ça à foutre d’aller au cinéma, à me retrouver dans des salles avec 3 personnes, en allant voir des films asiatiques quasiment muets, des blockbusters, des films d’auteurs, ce qui m’a valu de passer par pratiquement toutes les palettes des sentiments qu’on peut ressentir dans une salle obscure: la révolte après l’uppercut d’Assassin(s) de Kassovitz, la révélation devant Kids de Larry Clark, la sérénité devant Conte d’Eté d’Eric Rohmer parmi d’autres. Ensuite est venue l’époque de la location de K7 et de DVD, où j’ai à peu près dévoré tout ce qui me semblait intéressant et rattraper un certain retard. Et c’est là que je me suis rendu compte que mes centres d’intérêt avaient quelques peu évolués.
Loin d’être un fan de cinéma gore et d’horreur (j’ai même toujours eu une profonde aversion pour ce type de cinéma, mélange de crainte de mes propres limites et de fascination malsaine sur ce qui pouvait intéresser les gens - voire de trouver ça marrant!), j’ai peu à peu jeté mon dévolu sur des films qui évoluant dans ce genre, qui proposaient des sensations en me poussant petit à petit dans mes retranchements, qui me prenaient en otage pour me faire vivre des choses qui retournaient les sens. Après tout c’est ce que je cherchais au cinéma. Des instants forts, des claques visuelles, des vrais moments d’évasion qui laissent sur le carreau et qui font réfléchir sur ce que je venais de vivre. Bref, une balade dans des contrées dans des contrées inconnues en affrontant mes vieux démons.
C’est ainsi que je me suis pris d’amour de (re)découvrir les filmographies de cinéastes qui sont à mon sens, de vrais auteurs, contestataires tels que John Carpenter, David Cronenberg ou esthètes de la brutalité comme John Woo. J’ai ainsi découvert ce que les films un peu "en marge" pouvaient m’apporter mais tout en restant dans des univers bien balisés et pas glauques comme des ruelles coupe-gorge. Je n’irai donc jamais dans des cinémas extrêmes dont je sais qu’ils ne m’apporteront rien (à part une profonde incompréhension), je connais mes limites. Ainsi je n’irai jamais m’orienter vers la frange dure du cinéma d’horreur/gore telle la catégorie III du cinéma Hong-Kongais, les films japonais crades, certains "cinéastes" frappés d’outre-Rhin ou certaines atrocités cinématographiques des maîtres italiens du genre (Cannibal Holocaust et la fameuse scène de la tortue - à quoi bon bon dieu???). ![]()
Je reste dans les garde-fous de la bienséance et du mental sain car je continue de croire qu’il faut être barré pour prendre du plaisir à matter des films basés juste sur la boucherie visuelle outrancière, les tortures et les sévices sortis des cerveaux les plus dérangés (le dernier buzz serait un truc venu d’Argentine, sur les snuff-movies… encore et toujours la même rengaine que Hostel, faire dans la surenchère, mmmh de la torture de jeunes femmes, que c’est mysogyne en plus d’être monstrueusement… d’un autre âge). Je me tiens loin des poubelles et de toute forme de gratuité dérangeante, ça me remettrait beaucoup trop en question quant à mon intégrité psychologique (même si ce n’est qu’un film).
Alors dans les sentiers battus et goudronnés que je suis (il faut que je voie Feast et Planète Terreur), proprement quadrillés par une profonde éthique et une pleine conscience de ce que je veux vivre tout en me laissant une marge de découverte, il existe une foultitude de petits films qui sortent régulièrement et qui ont l’appui de certaines personnalités du cinéma (du genre ou pas d’ailleurs, à la prod comme au casting). Le genre n’est pas mort, bien au contraire. Et la scène française tend à accoucher de petites perles ignobles à droite à gauche. Alexandre Aja et son Haute Tension m’ont par exemple carrément fait perdre pied (au premier sens du terme - la scène du poteau entouré de barbelé dans la tronche en gros plan, outch j’ai eu le malheur d’avoir le nez sur l’écran avec le casque, effroyables bruitages!). 
Beaucoup de ces films ont le don d’attirer des acteurs français (ou francophones) que l’on a vus dans des films disons plus conventionnels, ce qui garantit - normalement - le respect d’une certaine morale, en tout cas assez pour mes chastes mirettes et mon coeur pur. François Berléand, Guillaume Canet, Clotilde Courau (Promenons-nous dans les bois), Lou Doillon, Cécile de France (Haute Tension), Virginie Ledoyen (Saint-Ange), Béatrice Dalle (A l’intérieur), Vincent Cassel (Sheitan) ou Samuel le Bihan (Frontière(s)) entre autres… Et je n’ai vu que les trois premiers hein 
Alors tout ça pour dire que pour les prochaines sorties de 2008, je note quelques films qui ont attiré mon attention, ça sera plus explicite (et s’ils peuvent sortir assez vite en loc ça serait bien cool):
- le blockbuster Iron Man pour pas réfléchir et s’en prendre plein la gueule
- l’impertinent et malin Teeth
- Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, histoire de voir comment un vieux peut encore faire des cascades (et finir une belle quadrilogie)
- Rise, pour la témathique intéressante (et mon thème fétiche au cinoche: la vengeance!)
- Bancs Publics (Versailles Rive Droite) : tiens il se passe des trucs à Versailles?
- Phénomènes, peut-être la meilleure surprise de cette année pour moi. Le nouveau Shyamalan promet d’être à mon goût (un petit mélange de Signes et de la Guerre des Mondes)
- Martyrs de Pascal Laugier, dont les fans de cinéma de genre attendent la sortie avec impatience, du buzz, du mystère, de la violence sans concession, des actrices inspirées. Bref un film français qui s’ajoute à la liste de la nouvelle vague du cinéma de genre frenchy.
- Seuls Two. Pourquoi pas? Rien que pour voir Paris vidé de ses habitants… ça me fera oublier les têtes de cons d’Eric et Ramzy.
- Diary of the Dead. Tiens! Le retour d’un vétéran. Romero nous repond un énième film de zombies, dont le genre est particulièrement revisité en ce moment. Mais étant le père du genre, il récidive avec la fraîcheur d’un point de vu de reporter. Une touche de réalité qui semble faire des émules et ses preuves depuis REC(°) vu le nombre de gens qui ont tâché les sièges dans les cinés. Rhôôôôô.
Le Royaume Interdit, en fait non, marre des kung-fu fights à grand renforts de câbles et d’effets spéciaux. Bruce Lee! Reviens!- All the Boys Love Mandy Lane, avec des influences TRES intéressantes (certains slashers classiques (que je n’ai pas vus - ex Massacre à la tronçonneuse - et et… Larry Clark!), promettant un petit ovni frais.
- Kung Fu Panda, ce film est fait pour moi! Du Kung Fu, de la franche rigolade puérile, un Panda, tout ça à la sauce Dreamworks! Pour la peine, checkez le widget dans ma barre à droite.
- Broken English, Melvil Poupaud… marrant ça va me faire penser à un film de Rohmer ça avec une touche de Lost in Translation.
- Wanted : choisis ton destin. Tiens un peu de castagne stylisée avec Angelina Beautiful (j’en reviens pas que son père soit Jon Voight).
- L’Incroyable Hulk! A décidement, comment passer après le magnifique film de Ang Lee? Sais pas, c’est Leterrier qui sy’ colle et on verra bien.
- Wall-E : au vu de la bande-annonce, Pixar s’est surpassament défoncé sur cette histoire d’amour un peu particulière qui s’annonce superbe visuellement.
- Le Joker me fait marrer. Il revient en tant que Chevalier Noir (the Dark Knight)
- Versailles. Mais oui il se passe des choses à Versailles!
- Gomorra, parceque le milieu de la pègre est intrigant, surtout lorsque c’est tourné dans cette cité monstrueusement typique de la folie architecturale des années 70 qu’est Scampia.
- Bangkok Dangerous. Tiens les frères Pang revisitent leur propre film (!!!) avec Nicolas Cage. Si Nicolas a dit oui, alors j’y vais.
- Babylon A.D.: le dernier de Kassovitz! Depuis le temps qu’on en entend parler, on va voir si on a bien fait d’attendre.
- Manipulation pour l’intrigue subtile.
- Righteous Kill. Depuis Heat, on avait pas revu le duo De Niro / Pacino. Pour le meilleur?
- Paris Nord-Sud, pour une petite histoire de vies qui sur le papier est susceptible de me plaire…
- Go Fast, parceque j’aime bien Roschdy Zem depuis N’oublie pas que tu vas mourir et 36 quai des Orfèvres.
- L’instinct de Mort: ça parle de Mesrine, c’est fait par Jean-François Richet - ma 6T va cracker, Assaut - et y’a Cassel et Cécile de France. Ca me parle.
- Quarantine. Euh… faut avoir vu REC(°) avant?
Ca fait déjà pas mal, sans compter qu’il y aura du Spike Lee, du frères Coen aussi… pffffffffff. Vive le cinéma. 



