Si vieillesse pouvait… J’aime beaucoup cet adage car il n’est que trop vrai. Il transporte le parfum d’une certaine nostalgie inéluctable. Avec l’arrivée prochaine de notre progéniture, qui sera un cap unique dans notre vie de couple mais aussi dans ma vie perso, je ne peux m’empêcher de faire un rapide bilan. Ok, certains doivent certainement croire que faire un bilan à 32 ans, ça ne rime pas à grand-chose et pourtant si. Le bilan, sans vraiment en être un en fait, est une forme de constat, teinté d’amertume. Cette amertume n’est pas mauvaise car ce qu’elle reflète est lié à la nature intrinsèque de la vie : si seulement on avait su plus tôt les choses que l’on sait maintenant, on aurait certainement pu profiter de son temps autrement. Et je n’échappe pas à la règle.
Car c’est bien là que le bât blesse. Quand je vois la foultitude de projets qui mûrissent en moi en ce moment, le temps que nous allons accorder à notre enfant, le boulot, la famille, les courses, les tâches quotidiennes diverses et variées, je me dis que le temps va être de plus en plus une denrée rare, vouée à s’étriquer, se comprimer de plus en plus. Et c’est au moment de la retraite, que le temps sera à nouveau disponible, mais peut-être plus l’envie et surtout la santé. C’est l’ironie de l’existence. En gros, il me reste 20 ans pour faire le planning de ma vie et de faire coïncider les couleurs du Rubik’s Cube.
Le pire dans la vie, c’est d’évoluer avec des regrets, ceux qui sont liés aux choses que l’on aurait pu faire mais que l’on n’a pas faites alors que l’on en avait conscience. Je ne peux pas dire en regardant en arrière, que je regrette ce que j’ai vécu, ça non. Elles font partie de moi et font, en quelque sorte, ce que je suis. Par contre, je ne peux m’empêcher de penser que j’aurai pu gagner du temps et que ça aurait pu se faire si j’avais eu l’ouverture d’esprit, la technologie de maintenant (pourtant internet est venu bien plus tard), le fric, la motivation. J’en ai perdu du temps en glandouille, en fumette, en boisson, en soirées, en longues heures de méditation, de divagations, de séances de jeux vidéos, de petits boulots ingrats, en usant les bancs de la fac, en ayant des idées farfelues inabouties… Certaines années de désœuvrement (délicieux bien que culpabilisant) sont autant de temps-libre que j’aurai aimé utiliser à meilleur escient, pire que j’aurai aimé avoir maintenant pour mener à bien mes projets! Ca n’existe pas dans la vie le report de temps libre?
On aurait toujours pu faire les choses autrement. J’aimerai juste me dire qu’il n’est pas trop tard et que l’heure du renoncement n’est pas pour demain.
Ps: hier on s’est fait une petite séance ciné spontanée à la maison. Une Histoire Vraie de David Lynch. Loin de ses habituelles atmosphères pesantes et histoires à dormir debout, Lynch nous livre un petit joyau de simplicité, bouleversant, si on se laisse porter par le rythme lent assez déstabilisant pour notre cerveau habitué aux block-busters et séries-clips-vidéos. Un road-movie à la dimension humaine pure. A découvrir d’urgence! Nous avons enchaîné (de manière assez fortuite mais la boucle était bouclée) avec L’Odyssée de la Vie, un film de Nils Tavernier, que j’invite tout le monde à voir! On se rend compte à quel point la Nature est incroyable. Superbe documentaire aux images de synthèse carrément époustouflantes.

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