Free Freetype!

11:58 pm Start-up, Tranches de vie

Voilà texto ce que j’ai fini par balancer à mon hébergeur pour qu’il rétablisse Freetype, hélas toujours aux abonnés absents de PHP! Snif. Aussi sur un autre registre, en écoutant Angels and Airwaves sur Deezer, ça m’amène à la traduction littérale et libre de Libérez le type libre qui est en vous! Je sais, c’est un peu facile mais finalement, il y a une conjonction d’évènements et d’état d’esprit qui s’y prétait trop pour ne pas saisir cette occase de faire un tel parallèle : je veux monter ma boîte.

J’adore mon job dans lequel je rencontre pas mal d’entrepreneurs (serial parfois, à fond et passionné toujours), des profils divers et variés et des sociétés dont l’indépendance et le business-model donnent réellement envie de se lancer dans l’aventure. Dans un contexte où je vois mes collègues partir (d’eux-mêmes ou de force) voir si l’herbe est plus verte malgré une situation confortable, c’est qu’il y a une forme de besoin de changement qui s’installe. Faut se rendre à l’évidence, on se satisfait jamais de ce qu’on a. Car les rêves nous portent et c’est ça notre moteur à tous. Le poncif poussif de l’espoir fait vivre est pourtant bien vrai bordel.

En Mars prochain, ça fera 7 ans que je suis dans mon job et bien qu’il me plaise, il faut que je me rende à l’évidence qu’il ne durera certainement pas. La faute au système qui vous évince, la faute à la motivation qui se fait la malle, voire les deux. Comme dirait ma femme (ou Columbo), personne n’est irremplaçable, surtout quand il faut tailler dans le tas. Alors à force de côtoyer pas mal de sociétés et de PDG, l’envie d’entreprendre est plus forte que celle de quémander un taf si jamais l’orage venait à gronder. Mais pour cela (au-delà d’avoir les corones de se lancer), il faut un business-model viable (ce dernier conditionnant le premier). Et ce n’est pas faute d’y réfléchir. Seulement, il suffit pas de se concentrer pendant une semaine en se disant que l’idée se présentera d’elle-même. Tout comme Vangelis disait d’une composition qu’elle lui venait et qu’il lui suffisait juste d’être disponible pour la recevoir, trouver une bonne idée à exploiter et s’y tenir relève d’une alchimie et d’un certain concours de circonstances.

Parfois, l’idée qui peut changer la vie sera au détour d’une conversation entre amis lors d’un mariage (anecdote contée par un entrepreneur londonien) mais elle relève surtout d’une capacité d’observation et d’analyse de son environnement, de trouver quelque chose qui améliorera réellement le quotidien. Alors depuis quelque temps une idée s’est mise à germer. J’y pense tout le temps, au taf, sur la bécane, avant de me coucher. Je peaufine les grandes lignes d’une manière cérébrale avant le jour où je devrai tout coucher sur le papier et tout chiffrer. Cette idée a été comme un puzzle qui s’est formé en discutant au resto avec ma femme, me rendant compte que j’avais toutes les pièces éparpillées depuis un moment, il me fallait juste un élément déclencheur pour qu’il s’impose de lui-même comme une forme d’évidence.

Et là, j’ai été convaincu de tenir la putain d’idée. Pas des trucs comme j’avais jusque là (pour lesquelles j’ai pourtant fini par me rendre compte qu’ils étaient sur le point de voir le jour sur le marché, ce qui rassure un tant soit peu). Il faut savoir se projeter dans quelquechose que l’on pourrait presque faire soi-même. Ce quelque chose, je pense que je le tiens. Service, communauté, Web 3.0, technologies mobiles. Je tiens même le nom. Une bête de nom. Mais rien de semblable à ce que je veux faire n’existe actuellement. Tout y est et en 7 ans, j’ai rencontré suffisament de boîtes avec qui j’ai certains liens pour savoir vers qui me tourner si j’ai besoin de partenaires. La force du networking. Je pourrai recruter. Le kif. Ce côté bienfaiteur de l’humanité, aider son prochain, j’aime. Il me semble avoir lu des mots très censés que ma mémoire attribue à Churchill : "Beaucoup de gens voient dans le patron l’homme à abattre alors qu’il est la locomotive de l’économie".

Putain, ça doit être bon d’être à cette place. D’autant plus que le seul truc que j’ai retenu de mes trois jours d’appel pour l’armée (mis à part qu’il me manquait un centimètre pour être keuf) c’était que j’étais fait pour diriger des hommes (ouais ouais, y’a une heure et demie de tests dans une boîte pour extraire ces infos qui marquent à vie). D’ailleurs, ça semblait bigrement faire chier le mec de me sortir un truc pareil. Le pouvoir, c’est pas mon truc, je laisse ça à d’autres, même si c’est pas forcément ce qu’on pourrait faire de mieux. Alors finalement je me dis que diriger des hommes, ça veut dire les employer.

En ce moment au taf, y’a une jeune stagiaire qui se donne à fond dans le taf (par comparaison, j’ai déjà l’impression d’être un vieux con blasé qui tient les murs) et je la sentais concernée par son avenir, qu’elle avait franchement du mal à cerner. Je connais ça, on est beaucoup à connaître ça. Et hier, lorsque ma supérieure par intérim apprend qu’une de mes collègues file sa dem’ pour aller voir ailleurs, j’ai tout de suite pensé à l’opportunité qui s’offrait à cette stagiaire. Et on voit qu’elle caresse cet espoir, et ça la met tout en joie. Et moi aussi. Sans vouloir lui donner de faux-espoirs, j’ai gentiment appuyé son cas auprès de ma boss et je lui fais des petites allusions pas méchantes. Et j’étais trop content quand elle en a pris acte et à rappelé le big boss (celui qui justifie sa putain de paie de ministre par le nombre de gens qu’il a en dessous de lui) pour le lui suggérer. C’est mon côté altruiste. Même si rien n’est gagné, ça me rend heureux qu’elle puisse se donner une telle perspective. Là, c’est sûr tout change d’un coup. Les projets, la sécurité, et tout le tralalala. On se voit se faire une place dans cette putain de société. Et faire ça alors que je pourrais être à la tête d’une boîte qui croît et qui rend service, j’aurai l’impression d’être cette locomotive.

Et c’est en regardant les choses de plus près, à savoir pourquoi on connait telle ou telle personne, qu’on fait ce qu’on fait, que c’est peut-être pour une bonne raison. Je ne crois pas au destin, juste qu’on ne rencontre pas les gens de manière anodine. Ce n’est pas profiter, c’est savoir se dire qu’il y a des gens qui peuvent vous aider grâce à ce qu’ils savent faire. Bon, je pourrais partir dans des pensées encore plus philosophiques, porté par le rock aérien (non, la très bonne musique) d’Angels and Airwaves. Il me reste à entrevoir le meilleur contexte pour porter ce projet à bout de bras, suer ma race, aller défoncer des portes (voire des gueules, surtout dans les banques), vendre son truc et je persiste et signe qu’il doit être encore plus motivant et gratifiant de vendre son propre projet, celui dans lequel on croit dur comme fer, beaucoup plus qu’un produit ou service dans lequel on croit par procuration.

Faut savoir la jouer fine pour minimiser les risques parceque la routine est gage d’un certain nombre d’aboutissements. Quitter son taf pour créer sa boîte, c’est avoir le slip bien rempli. Sans être un appel, faudrait un certain coup de pied au cul. C’est surtout ça le dilemne. Je me vois déjà créer un blog pour conter mes aventures de jeune entrepreneur.

Tout un programme. Nan, toute une aventure.

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