Yamaha cette marque divine qui, en dehors d’être la marque de ma bécane, est aussi la figure de proue des précurseurs de fabricants d’instruments de musique depuis plusieurs décennies. Que ce soit avec le CS-80 qui fut une des marques sonores de prédilection de Vangelis ou le DX-7 qui marqua un tournant dans l’ère du numérique en influençant un grand nombre des compositions des années 80 (et en popularisant le protocole MIDI) ou encore du mini séquenceur avec le QY 70, cette marque revient en force à l’avant-scène de l’avant-gardisme de la création musicale avec le Tenori-On. 
Ce hardware est un séquenceur de nouvelle génération qui chamboule le monde des équipements à tout faire, que Roland a défini il y a près de 10 ans avec la Groovebox mais en poussant l’ergonomie dans les retranchements de la prise en main optimale. Le concept du tout-en-un est ici développé à fond, en offrant à l’utilisateur la possibilité de visualiser au moyen de leds ce qui était avec la MC-303 purement cérébral, à savoir la possibilité de concevoir un morceau et ses arrangements note par note et par piste, tout cela sans PC, sans écran et sans clavier. J’ai toujours été séduit par le côté tactile offert par le hardware mais appréciait tout autant la simplicité d’un séqenceur échantilloneur soft pour y coucher des idées en un temps record. Une sorte de dématérialisation du rapport conventionnel direct entre la source physique des notes et le musicien pour être le chemin le plus court entre l’ébauche de la composition arrangée et le produit fini.
Je rêvais en fait d’un mariage parfait entre ma Groovebox et le logiciel Music de Jester Interactive sur PS1, qui m’a permis pendant longtemps de composer bon nombre de tracks electro. Ce constat a été d’autant plus vivace que lorsque je me projette en tant que futur papa qui aura besoin de raccourcir au maximum le temps entre l’idée qui germe et le temps où je peux faire une ébauche mélodique. Depuis un moment, lorsqu’une mélodie me vient, je l’enregitre à la voix sur mon portable et après, je l’ébauche sur mon piano, enregistrée en live en audio sur Protools. Or cela demande du temps et encore plus pour les arrangements. Et ce délai avait besoin d’être raccourci.

Le Tenori-On, outre un sublime effort de design, semble tenir ses promesses sur papier. Il est, dans mon esprit, l’archétype du chaînon manquant dans le processus de création musicale entre l’idée et le produit fini. D’après l’engouement des utilisateurs de la première heure, il remplace allègrement un séquenceur logiciel, tout cela dans un produit agréable et intuitif que l’on peut aisément prendre en main. La technologie musicale semble ne pas être en reste, avec une qualité sonore au rendez-vous et la possibilité de gérer des expandeurs en midi. Si on injecte le tout dans Protools pour un traitement de post-prod, ça pourraut grave déchirer sa grand-mère. J’aurai l’impression d’avoir le confort d’utilisation que j’ai connu sur la PS1 combiné à la qualité sonore du matos hardware et logiciel.
Maintenant, je sais avec le recul les frustrations générées par la Groovebox à l’usage en fonction de mes attentes avant son acquisition et même si la technologie a largement évolué en 10 ans, je devrais plutôt ménager mes attentes. Mais au vu du cahier des charges, ce nouveau bébé de la marque aux trois diapasons a tout pour combler mes attentes. A 750€ le mouflard, il a intérêt à sérieusement tenir ses promesses, surtout au risque de me faire arracher les yeux et de me faire pendre par les couilles avant le mariage. 

