L’autre jour, j’ai passé un peu de temps sur ce merveilleux site qu’est Allociné, pour me rendre compte à quel point je suis largué. Largué de tous les films que je n’ai pas vus et largué d’avance des films que je ne pourrai certainement pas aller voir, faute de temps et de ne pouvoir partager mes choix avec ma chérie. Disons que nous avons des goûts assez différents. Mais il y aussi la fatidique question du tarif d’une place de ciné, que je trouve de plus en plus aberrants, ce qui pousse à choisir stratégiquement les films qui vaudront le coup de se fendre de l’obole de mort pour un moment grandiose en salle obcure (le choix se portant naturellement vers le pur entertainment).
Pourtant, j’ai toujours été un fan de Cinéma, avide de découvertes hétéroclites. Il fut une époque (lointaine et bénie) où je n’avais que ça à foutre d’aller au cinéma, à me retrouver dans des salles avec 3 personnes, en allant voir des films asiatiques quasiment muets, des blockbusters, des films d’auteurs, ce qui m’a valu de passer par pratiquement toutes les palettes des sentiments qu’on peut ressentir dans une salle obscure: la révolte après l’uppercut d’Assassin(s) de Kassovitz, la révélation devant Kids de Larry Clark, la sérénité devant Conte d’Eté d’Eric Rohmer parmi d’autres. Ensuite est venue l’époque de la location de K7 et de DVD, où j’ai à peu près dévoré tout ce qui me semblait intéressant et rattraper un certain retard. Et c’est là que je me suis rendu compte que mes centres d’intérêt avaient quelques peu évolués.
Loin d’être un fan de cinéma gore et d’horreur (j’ai même toujours eu une profonde aversion pour ce type de cinéma, mélange de crainte de mes propres limites et de fascination malsaine sur ce qui pouvait intéresser les gens - voire de trouver ça marrant!), j’ai peu à peu jeté mon dévolu sur des films qui évoluant dans ce genre, qui proposaient des sensations en me poussant petit à petit dans mes retranchements, qui me prenaient en otage pour me faire vivre des choses qui retournaient les sens. Après tout c’est ce que je cherchais au cinéma. Des instants forts, des claques visuelles, des vrais moments d’évasion qui laissent sur le carreau et qui font réfléchir sur ce que je venais de vivre. Bref, une balade dans des contrées dans des contrées inconnues en affrontant mes vieux démons.
C’est ainsi que je me suis pris d’amour de (re)découvrir les filmographies de cinéastes qui sont à mon sens, de vrais auteurs, contestataires tels que John Carpenter, David Cronenberg ou esthètes de la brutalité comme John Woo. J’ai ainsi découvert ce que les films un peu "en marge" pouvaient m’apporter mais tout en restant dans des univers bien balisés et pas glauques comme des ruelles coupe-gorge. Je n’irai donc jamais dans des cinémas extrêmes dont je sais qu’ils ne m’apporteront rien (à part une profonde incompréhension), je connais mes limites. Ainsi je n’irai jamais m’orienter vers la frange dure du cinéma d’horreur/gore telle la catégorie III du cinéma Hong-Kongais, les films japonais crades, certains "cinéastes" frappés d’outre-Rhin ou certaines atrocités cinématographiques des maîtres italiens du genre (Cannibal Holocaust et la fameuse scène de la tortue - à quoi bon bon dieu???). ![]()
Je reste dans les garde-fous de la bienséance et du mental sain car je continue de croire qu’il faut être barré pour prendre du plaisir à matter des films basés juste sur la boucherie visuelle outrancière, les tortures et les sévices sortis des cerveaux les plus dérangés (le dernier buzz serait un truc venu d’Argentine, sur les snuff-movies… encore et toujours la même rengaine que Hostel, faire dans la surenchère, mmmh de la torture de jeunes femmes, que c’est mysogyne en plus d’être monstrueusement… d’un autre âge). Je me tiens loin des poubelles et de toute forme de gratuité dérangeante, ça me remettrait beaucoup trop en question quant à mon intégrité psychologique (même si ce n’est qu’un film).
Alors dans les sentiers battus et goudronnés que je suis (il faut que je voie Feast et Planète Terreur), proprement quadrillés par une profonde éthique et une pleine conscience de ce que je veux vivre tout en me laissant une marge de découverte, il existe une foultitude de petits films qui sortent régulièrement et qui ont l’appui de certaines personnalités du cinéma (du genre ou pas d’ailleurs, à la prod comme au casting). Le genre n’est pas mort, bien au contraire. Et la scène française tend à accoucher de petites perles ignobles à droite à gauche. Alexandre Aja et son Haute Tension m’ont par exemple carrément fait perdre pied (au premier sens du terme - la scène du poteau entouré de barbelé dans la tronche en gros plan, outch j’ai eu le malheur d’avoir le nez sur l’écran avec le casque, effroyables bruitages!). 
Beaucoup de ces films ont le don d’attirer des acteurs français (ou francophones) que l’on a vus dans des films disons plus conventionnels, ce qui garantit - normalement - le respect d’une certaine morale, en tout cas assez pour mes chastes mirettes et mon coeur pur. François Berléand, Guillaume Canet, Clotilde Courau (Promenons-nous dans les bois), Lou Doillon, Cécile de France (Haute Tension), Virginie Ledoyen (Saint-Ange), Béatrice Dalle (A l’intérieur), Vincent Cassel (Sheitan) ou Samuel le Bihan (Frontière(s)) entre autres… Et je n’ai vu que les trois premiers hein 
Alors tout ça pour dire que pour les prochaines sorties de 2008, je note quelques films qui ont attiré mon attention, ça sera plus explicite (et s’ils peuvent sortir assez vite en loc ça serait bien cool):
- le blockbuster Iron Man pour pas réfléchir et s’en prendre plein la gueule
- l’impertinent et malin Teeth
- Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, histoire de voir comment un vieux peut encore faire des cascades (et finir une belle quadrilogie)
- Rise, pour la témathique intéressante (et mon thème fétiche au cinoche: la vengeance!)
- Bancs Publics (Versailles Rive Droite) : tiens il se passe des trucs à Versailles?
- Phénomènes, peut-être la meilleure surprise de cette année pour moi. Le nouveau Shyamalan promet d’être à mon goût (un petit mélange de Signes et de la Guerre des Mondes)
- Martyrs de Pascal Laugier, dont les fans de cinéma de genre attendent la sortie avec impatience, du buzz, du mystère, de la violence sans concession, des actrices inspirées. Bref un film français qui s’ajoute à la liste de la nouvelle vague du cinéma de genre frenchy.
- Seuls Two. Pourquoi pas? Rien que pour voir Paris vidé de ses habitants… ça me fera oublier les têtes de cons d’Eric et Ramzy.
- Diary of the Dead. Tiens! Le retour d’un vétéran. Romero nous repond un énième film de zombies, dont le genre est particulièrement revisité en ce moment. Mais étant le père du genre, il récidive avec la fraîcheur d’un point de vu de reporter. Une touche de réalité qui semble faire des émules et ses preuves depuis REC(°) vu le nombre de gens qui ont tâché les sièges dans les cinés. Rhôôôôô.
Le Royaume Interdit, en fait non, marre des kung-fu fights à grand renforts de câbles et d’effets spéciaux. Bruce Lee! Reviens!- All the Boys Love Mandy Lane, avec des influences TRES intéressantes (certains slashers classiques (que je n’ai pas vus - ex Massacre à la tronçonneuse - et et… Larry Clark!), promettant un petit ovni frais.
- Kung Fu Panda, ce film est fait pour moi! Du Kung Fu, de la franche rigolade puérile, un Panda, tout ça à la sauce Dreamworks! Pour la peine, checkez le widget dans ma barre à droite.
- Broken English, Melvil Poupaud… marrant ça va me faire penser à un film de Rohmer ça avec une touche de Lost in Translation.
- Wanted : choisis ton destin. Tiens un peu de castagne stylisée avec Angelina Beautiful (j’en reviens pas que son père soit Jon Voight).
- L’Incroyable Hulk! A décidement, comment passer après le magnifique film de Ang Lee? Sais pas, c’est Leterrier qui sy’ colle et on verra bien.
- Wall-E : au vu de la bande-annonce, Pixar s’est surpassament défoncé sur cette histoire d’amour un peu particulière qui s’annonce superbe visuellement.
- Le Joker me fait marrer. Il revient en tant que Chevalier Noir (the Dark Knight)
- Versailles. Mais oui il se passe des choses à Versailles!
- Gomorra, parceque le milieu de la pègre est intrigant, surtout lorsque c’est tourné dans cette cité monstrueusement typique de la folie architecturale des années 70 qu’est Scampia.
- Bangkok Dangerous. Tiens les frères Pang revisitent leur propre film (!!!) avec Nicolas Cage. Si Nicolas a dit oui, alors j’y vais.
- Babylon A.D.: le dernier de Kassovitz! Depuis le temps qu’on en entend parler, on va voir si on a bien fait d’attendre.
- Manipulation pour l’intrigue subtile.
- Righteous Kill. Depuis Heat, on avait pas revu le duo De Niro / Pacino. Pour le meilleur?
- Paris Nord-Sud, pour une petite histoire de vies qui sur le papier est susceptible de me plaire…
- Go Fast, parceque j’aime bien Roschdy Zem depuis N’oublie pas que tu vas mourir et 36 quai des Orfèvres.
- L’instinct de Mort: ça parle de Mesrine, c’est fait par Jean-François Richet - ma 6T va cracker, Assaut - et y’a Cassel et Cécile de France. Ca me parle.
- Quarantine. Euh… faut avoir vu REC(°) avant?
Ca fait déjà pas mal, sans compter qu’il y aura du Spike Lee, du frères Coen aussi… pffffffffff. Vive le cinéma. 


