Ayé, ce matin nous avons pris perpète sur un prêt immobilier pour un appart plus grand, plus sympa, dans lequel nous pouvons envisager de fonder une ch’tite famille. Devant le notaire, même si j’étais dans le gaz, je mesurais l’ampleur de cette décision avec une parfaite sérénité. J’aime ma future femme et je ne me suis jamais dit que cette décision était inconsidérée. Je repense alors à mes anciennes vies foirées, jalonnées de nombreux déménagements, de locations à foutre son fric par la fenêtre, un retour à la case parents pour quelques temps et quelques années plus tard, accéder enfin au statut privilégié mais onéreux de propriétaire en duo. C’était pas trop tôt à trente piges! C’est pour nos futurs enfants. Et c’est pour le chat aussi, si content d’avoir un jardin. Cette aprèm, dans une pièce vide qui résonne des travaux qui s’annoncent, la pluie est tombée à l’extérieur. J’avais l’impression de redécouvrir la nature. Les fenêtres du salon grandes ouvertes sur le jardin, clope qui fume au bout des doigts, je me remplissais du bonheur d’écouter le battement des gouttes martelant la terrasse. J’avais l’impression de contempler un jardin zen. Et putain, qu’est-ce-que c’était bien. L’argent ne fait pas le bonheur même si le bonheur peut s’acheter cher. Mais au fond, ça n’a pas de prix.



