Plaidoyer nocturne

11:24 pm Tranches de vie

Bon alors? Beau week-end n’est-ce-pas? Printanier au possible, ça faisait un bien fou de ressentir la chaleur des rayons solaires. Y’en a marre de l’hiver et de cette ambiance déprimante! Vive la luminothérapie naturelle! Dans cette ephémère béatitude, j’oublie un instant la morosité de mon taf pour dire que je bosse actuellement sur une nouvelle compo (au grand dam de ma chérie…) qui a déjà bien avancé. Elle m’habite depuis un moment, tellement entêtante qu’il était crucial que je commence à l’ébaucher.

D’ailleurs, c’est en considérant la démarche créatrice dans sa totalité que je persiste et signe et milite pour dire qu’il s’agit d’un vrai travail, qui né d’une idée qui mà»rit, nécessite du temps, de la technique et un certain talent (ce n’est pas vaniteux que de se reconnaître une certaine propension à en avoir whistle.gif) pour prendre corps. Sans cela (et parfois, j’avoue, la perspective de devoir m’atteler à une tà¢che technique me rebute), la musique n’existe pas, à part dans mon petit cerveau. Juste pour dire que ceux qui considèrent cela comme un produit de consommation comme un autre, jetable et purement lucratif (je vous concède que tout le monde ne voit pas cela comme fait "pour l’Amour de l’Art"), ne se rendent juste pas compte du travail qui est effectué en amont.

Si un morceau peut être "torché" en 2 jours, il est le fruit de tout un travail que l’on ne peut mesurer techniquement. C’est là que l’expression "oeuvre de l’esprit" prend toute sa signification, car il s’agit avant tout de cela : une idée qui vous prend n’importe où, n’importe quand et qui se développe, que vous retournez dans tous les sens, que vous chantonnez sous la douche tout haut ou en silence en vous couchant. Je suis plutôt prolifique en ce moment et je crois que cela est aussi rendu possible du fait que je connaisse de mieux en mieux mon matériel, me permettant de passer rapidement d’une idée à un produit concret (je déteste la bidouille et passer 3 plombes à trouver un son!).

C’est aussi là que je me rends compte du rôle salvateur des passions au sens large, qui vous donnent encore cette excitation sincère et presque ingénue, cet émerveillement sans cesse renouvelé car vous touchant au plus profond de vous. Tout ça parcequ’elles ont le mérite d’alimenter votre auto-satisfaction, preuve en est (peut-être) que l’on n’est pas assez récompensé dans ce que l’on fait tous les jours pour quelqu’un d’autre.

Je crée avant tout parceque cela m’ouvre mes propres portes intérieures, me libère, m’inscrit d’une certaine façon dans ce cercle vertueux et immuable de la création universelle et me fait apporter mon caillou à cet édifice inhérent à la nature humaine (car servant, selon moi, à accepter ma condition de mortel). Aussi petite soit-elle, chaque création participe à mon bien-être tout en contribuant modestement au patrimoine culturel humain. C’est pour ça que je souhaite aussi les partager.

Donc voilà , ceci est un petit plaidoyer pour l’esprit créatif de chacun, car je crois en ses vertus. En ce moment, je traverse une crise dont je parlerai plus tard mais la prise de conscience du bien que m’apporte la musique et d’autres passions (l’architecture, la météo, la moto…) prend une ampleur d’autant plus grande que ma vie professionnelle stagne. Oui oui Morphée… j’arrive. Une dernière clope d’abord.

Comments are closed.