Puisque je suis cloîtré à la maison, à attendre que ma grippe ne me retourne plus autant les intestins au point de me laisser encore des traces de pneus pour pouvoir sereinement affronter le monde extérieur (moyen la couche sous le costard), j’en profite pour me regarder les DVDs que je n’ai pas eu le temps de regarder depuis Noël. Et je dois dire que je me suis régalé. Deux films d’animation aux styles bien différents mais somptueux dans leur réalisation. J’en reste encore bouche bée, avec mon âme de grand nenfant. 
En restant dans les traces de pneus, et pour ne plus nommer les studios Pixar, autant vous dire que j’ai carrément accroché Cars. Riche de références, il nous accorde de beaux moments d’émotion (si, si!), de réflexion, d’amusement et d’action, quelque chose qu’on aurait tendance à croire ne pouvoir àªtre possible pour un film d’animation, surtout en y personnifiant des voitures! Eh bien pour les sceptiques, c’est très réussi et toutes les personnalités trouvent une incarnation de tôle qui lui sied à merveille (ils sont arrivés à sexyfier une Porsche, notamment avec une voix splendide dans la version franà§aise - Cécile de France apparement). Ne manquez pas les racailles de la route sous forme de voitures tunées, par qui toute l’histoire commence d’ailleurs. Un clin d’oeil à un film que vous reconnaîtrez sûrement.
Pour les amateurs de voiture, tous les ingrédients y sont (les sons, les sons de V8!!!) jusqu’aux petits détails (les feux de recul lorsqu’ils effectuent une marche arrière). Mais en filigrane, c’est toujours la nostalgie qui est là , celle de feu la route 66, celle de prendre au lieu de gagner du temps, des grosses bagnoles, de rouler pour rouler (comme le fait remarquer Sally la Porsche), l’âge d’Or de la voiture américaine dont la possession est un droit quasi-constitutionnel aussi immuable que le droit de porter une arme. L’Amérique ne s’est pas seulement faite au flingue mais surtout à l’automobile. Pixar nous le rappelle tendrement avec ce film rûdement bien foutu et une BO qui lui colle comme le goudron à vos pneus et dont certains morceaux vous donne envie d’appuyer franchement à l’image de Life is a highway de Rascal Flatts. 
Cars ~ Life is a Highway
envoyé par soniclover23
Quant au deuxième, il s’agit de Paris 2054 : Renaissance. Clairement un gros clin d’oeil à Blade Runner. Pour moi la description s’arrêterait presque tout simplement là si la technique d’animation utilisée ainsi que les décors n’étaient pas traités de faà§on aussi fraîche. Pour l’animation, j’ai crû pouvoir distinguer deux techniques : une en images de synthèse et l’autre plus en dessin, les deux se fondant parfaitement. Mais la particularité saisissante de ce film reste son traitement entièrement en noir et blanc, le jeu entre le noir et le blanc relevant d’un travail digne de la magie (imaginez faire ressortir les traits d’un visage avec du noir et du blanc, lui faire exprimer des émotions, tout en le faisant bouger…). Un travail qui n’a pas manquer de me fasciner tout au long du film. Le scénario est également bien ficelé et il nous accorde d’excellents moments, dont certains sont voués à devenir aussi anthologiques que ceux de Blade Runner (la séquence du docteur Müller, mythique!). Aller, faut tout simplement regarder cette belle surprise qui vient en plus de chez nous, ne serait-ce que pour voir les transformations infligées à Paris. Splendide!



