Plou
La loi des séries niveau emmerdes, autrement connue sous loi de Murphy, s’est révelée depuis une semaine et aujourd’hui, ça a tout simplement été l’apothéose. La bonne journée de merde qui vous mine bien le peu de peps que vous aviez et vous fait regretter de vous être levé. Au menu:
- Fuites emmerdantes à répétition au niveau de l’évacuation flexible du chiotte autoportant dans notre pièce à eau car le flexible est une MERDE faite avec les pieds à Naples (étanchéité de mes genoux car tout a été bâclé niveau finition). Bref faut tout colmater et ça ruine en attendant le cache du bâtis et les carreaux par infiltration (déjà qu’on avait eu une fuite de la machine à laver dont l’électrovanne était HS). On est contents. Et j’en ai juste marre de démonter, remonter, démonter, remonter...
- Pas moins de 6 cadavres découverts chez les poissons, dont deux nouveaux-nés poissons rouges. Quand on sait la rareté de l’évènement, ça fait chier.
- Mon GPS a décidé de faire des siennes: plantages en route avec écran tactile qui ne répond plus et cela, plusieurs fois pendant le trajet. J’espère que la mise à jour règlera ça. J’espère…
- En voulant bosser hier soir sur un proposition sur laquelle je bosse depuis un mois que je devais envoyer aujourd’hui en 40 exemplaires, je sauvegarde et ce matin au boulot, au moment de l’ouvrir pour un dernier check, Word ne veut pas l’ouvrir car le fichier est corrompu!!! Bonjour le niquage de productivité à reprendre une version pas trop ancienne et me retaper pour la énième fois la relecture de 35 pages et me souvenir des passages manquants.
- Mon portable ne tient plus la charge, c’est relou.
- Et puis allez, mais ça, ça fait un moment, que ma station météo brumisante ne fonctionne plus. A peine 3 mois.
C’est quand les vacances déjà? ![]()
Nous avons tous au moins une quête dans la vie. Sans pousser jusqu’à celles qui sont métaphysiquement communes à pas mal d’entre nous (ex. le Bonheur), il y en a qui sont purement matérielles et souvent liées à un souvenir. J’en ai quelques unes et si certaines peuvent être réglées par la bienveillance des marques (oui tout est cyclique), d’autres sont vouées à être des choses qui sont tombées à jamais dans l’oubli car trop méconnues et n’ayant obtenu que trop peu de reconnaissance commerciale. Ces oeuvres obtiennent de fait le statut d’objet rare, voire rarissime. Et récemment, le miracle eBay m’en a fait dénicher un exemplaire en parfait état
:

Peut-être l’unique film fantastique français digne de ce nom, énigmatique au possible. Peut-être le rôle de sa vie pour Philippe Volter également. Un bon vieux flash-back dans l’ambiance du début des années 90. Ca n’est même pas dit qu’il ressorte un jour en Blu-Ray…
Et oui, il a suffi d’une nuit et d’une poignée de députés pour voter une loi aussi liberticide qu’Hadopi, il est bien beau notre pays des droits de l’homme et de la liberté! On est quand même le seul à avoir osé la riposte graduée. L’exception française (encore une fois) alors que même l’Europe la condamne et que la Nouvelle-Zélande l’a rejetée tout récemment. En parallèle, on parle de l’importance de l’économie numérique et de la connexion pour tout le monde… Cherchez l’erreur. Vous avez intérêt à vous familiariser avec les clés WEP car ça risque de vous coûter cher! Bordel de merde. 
Edit: dans les flux rss aujourd’hui, retournement de situation. Bref, ça sent toujours autant vu que ça va certainement repasser plus tard. Quand député rime avec girouette…
Dis-moi qui mérite de mourir en ce monde? Telle pourrait être la baseline de tous les films qui jouent sur la terreur qu’un regard seul peut provoquer. Dans le prolongement de mon post d’hier, on peut montrer toutes les horreurs visuelles qu’on veut, la plus indicible et la plus intense des terreurs est celle, dans mon ressenti, qui est provoquée par un regard maléfique ou fou. Car il ne fait que refléter tout ce qu’il peut y avoir de malsain et malin à l’autre extrémité du nerf optique. Et on peut y adjoindre des effets pour l’exacerber, ce qui rend l’expérience encore plus dérangeante. On peut me montrer tous les monstres qu’on veut, ils ne sont rien comparés au regard extraordinaire de petits blondinets polis (d’ailleurs, un monstre au regard perdu en perd toute sa crédibilité anxiogène).
Un des films qui m’aura le plus marqué dans ma vie est Le Village des Damnés de Wolf Rilla. J’ai dû tomber sur ce métrage alors que je n’avais peut-être même pas 10 ans. Je n’ai pas revu ce film jusqu’au remake de Carpenter en 1995, qui colorisé et remis au goût du jour avec les trucages modernes, avait quelque peu tronqué et estompé cette vraie terreur d’enfant que je me souvenais avoir éprouvé en visionnant l’original. A cette époque, j’avais à la fois cette fascination et véritable inquiétude croissante juste avant les scènes que je savais allaient montrer les pouvoirs télépathes en action de ces petits blondinets, aux visages aussi inquiétants que leurs pouvoirs extraordinaires. Car le casting exceptionnel participe à la force visuelle et émotionnelle qui se dégage de ces séquences et qui m’auront marquées pendant des décennies, me laissant un souvenir impérissable d’avoir vécu une authentique expérience de peur brute. Ce film met mal à l’aise.
Alors, 20 ans plus tard, au moment où je décide de compléter ma filmo de John Carpenter, je me suis replongé dans ce petit bijou de notre bon vieux John et de sa photo inimitable. C’est vrai que c’est flippant, mais on tombe vite dans la surenchère d’effets qui, j’avoue, ne parvient qu’à n’être plus démonstratif que réellement terrifiant. Pourtant les ingrédients sont là. Alors je me suis jeté avec émoi sur la version originale et c’est avec une délectation masochiste d’exorcisme de mes vieux démons teintée de nostalgie que je me suis revu le film de Wolf Rilla. Ah! Il n’a rien perdu de sa force visuelle même si les arrêts photos sur les visages (à quelques exceptions près) ont un peu mal vieillis et sont clairement discernables, l’ambiance est toujours aussi pesante, avec cette bande-son incroyable. Le noir et blanc est juste magnifique et ce film n’a rien perdu de sa superbe. C’est bon la peur quand c’est aussi bien fait. Wolf Rilla distille ces petits frissons à dose homéopathique, ce qui accroît l’intensité de ces jubilatoires moments de plongée dans les tréfonds de l’entrebaillement de la porte de placard la nuit. Honnêtement, je n’ai jamais ressenti ça au cinéma depuis, même si le recul de mon expérience cinématographique critique et blasée peine à les faire ressurgir intacts. Une oeuvre qui reste néanmoins au summum du culte.

La première manifestation dans le film de Carpenter.

Et celle dans le film de Rilla

Télépathie groupée, frisson décuplé, toujours dans le remake de Carpenter

Jolis bambins au regard flamboyant. Cette séquence m’aura marqué à vie (la gamine a un visage VRAIMENT flippant)

Séquence ultime!
L’autre soir, en famille, on abordait la question de l’éducation. Ma soeur étant enceinte de 9 mois, le sujet partait sur les points de vue concernant l’éducation des filles et notamment ce que l’on pouvait constater des gamines de 12 qui voulaient maintenant s’apprêter comme les grandes (maquillage et tout le reste). Si je n’avais pas d’avis très arrêté sur la question, mon point portait surtout sur ce que l’on connait de l’évolution de nos enfants dans notre société et comment on devait 1) s’adapter ou 2) sévir. On peut vite être taxé de has been et complètement en marge des changements de mentalité, ce qui laisserait déjà présager de beaux clashs générationnels. J’en suis venu à me demander, mais qui on est pour juger de ce qui devrait être bon ou mauvais à 12ans? Mais si ça n’est pas nous, adultes, à qui revient cette tâche???
La question s’est révélée d’autant plus persistante en regardant l’autre soir le sans équivoque et explicite A history of violence de David Cronenberg, qui était annoncé avec une interdiction aux moins de 12 ans. Et là, au cours du film, je me suis dit mais que fout le CSA? Perso, en tant qu’adulte qui connait les penchants charnels de sieur Cronenberg et si j’avais eu une place responsable au sein du CSA, j’aurai interdit ça aux moins de 16 ans, recta. La réflexion sur ce que l’on peut montrer maintenant en toute impunité aux enfants a resurgi puissance 4 et je me suis vraiment questionné sur les critères qui ont permis au CSA de se dire qu’il y avait du montrable à heure de grande audience. Petit florilège: double meurtre, infanticide suggéré, fétichisme, cunni et 69 latéral, tronche littéralement éclatée, violence verbale et physique, énucléation contée, meurtre à coup de paume dans le nez, sexe violent dans un escalier (dont le consentement est difficilement discernable pour les esprits n’étant pas coutumiers des complexités des rapports adultes) et on finit avec des balles dans la tête, un meurtre gratuit et j’en passe. Bref, ce n’est pas un film qui conte florette façon guimauve bien sucrée: Cronenberg nous montre ce que ça fait de se faire péter la gueule ou le nez. C’est tout juste s’il nous montre pas une pipe (ah mais non ça, surtout pas! c’est moins de 18 ans direct - une face éclatée, non ça va c’est normal, vous pouvez le regarder en famille).
Je l’ai déjà constaté par ailleurs: je ne peux décidément pas faire confiance aveuglément aux recommendations du CSA, à moins que je sois déjà old-school dans ma tête. Mais honnêtement, je ne peux pas concevoir que la violence à l’écran se soit en ce point banalisée pour daigner montrer ça à des gamins de 12ans. On pourrait (à juste titre???) me dire que j’infantilise arbitrairement les gosses de cet âge, limite que j’insulte leur intelligence mais ça me met mal à l’aise. Maintenant faudrait-il que je m’étonne avec toutes les séries qu’on se tape avec viols en pagaille, meurtres, scènes de crime plein d’hémoglobine, macchabées en piteux état et autres histoires joyeusement sordides? A croire que nous sommes conditionnés par une certaine violence standardisée et que finalement, il n’y a que cela qui puisse nous distraire. Si tel est le constat, il faut vraiment se poser des questions, surtout lorsque l’on est responsable de son interdiction à certains publics. Il y a un truc qui méchappe de plus en plus et qui me fait limite flipper. Ah ouais, c’est du chiqué, c’est vrai… Mais l’acte de violence est quand même bien visible, même si stylisé et simulé. ![]()
Ouais, comme toutes les grandes villes, Paris ne déroge pas à la règle niveau criminalité. Même dans le quartier du nabot Sarko, avec des keufs en faction derrière chaque poubelle, on n’est pas à l’abri de se faire violemment renverser son MP3 400 tout neuf (rien à voir avec Hadopi hein), qui est quand même campé sur 3 roues, sur le trottoir, comme une grosse merde. Même si n’était pas le mien, si j’avais vu cela se faire sous mes yeux, le mec se serait pris une grosse droite avec mon gant Bering Punch (niveau poing américain homologué, y’a de quoi ramasser ses dents en pleurant sa mère pour un prochain rdv chez l’othodontiste). Ca me pue de voir un truc pareil, sérieux. 




